lundi 24 mars 2014

SILENCE, on tue

omerta.jpgOn savait déjà qu’aux USA certains habitants dont l’eau était polluée par l’industrie du gaz de schiste ont été indemnisés ou même déplacés,  à la condition de signer un engagement de «Silence ».

Au Canada les médecins constatant une maladie pouvant être due aux effets sur la santé de l’industrie pétrolière n’ont pas le droit de le dire à leur patient et aucune étude épidémiologique n’est entreprise par les services de l’état.

Des études universitaires pour démontrer l’innocuité de la fracturation hydraulique ont été financées par les compagnies.

Le lobbying intensif des compagnies pétrolières auprès des élus du congrès US, le financement des campagnes électorales de certains sénateurs, les énormes budgets de communication et de lobbying auprès du parlement Européen sont des atteintes à la démocratie et masquent la réalité du danger de la fracturation hydraulique.

Mais le drame qui vient de se dérouler en Roumanie est d’une extrême gravité. Un petit garçon de10 ans Marian Furcelea a été retrouvé mort près d’une plateforme pétrolière de la Sté PETROM. Il a été asphyxié par des gaz toxiques. Son père qui voulait porter plainte a été menacé par le maire du village et battu  par la police locale corrompue, pour l’empêcher de parler.

http://bastagazales.fr/2014/03/23/roumanie-a-aricesti-un-enfant-meurt-pres-dun-forage-petrolier

La Roumanie fait pourtant partie de l’Union Européenne et est  censée partager nos valeurs de Droits de l’Homme et de démocratie. Les compagnies opérant en Roumanie ne respectent pas les règles de sécurité qui leur sont imposées dans d’autres pays de l’UE.

Les puissances financières et industrielles, pour préserver  leurs gains et pour continuer à exploiter à leur profit les ressources naturelles, corrompent tout le système, sans aucun scrupule, vis-à-vis du droit des habitants à vivre dans un environnement sain, sans aucun respect pour la vie, sans aucun respect de la vérité.

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JE VEUX LA JUSTICE     

vendredi 14 février 2014

Comment la realité rattrape les mensonges

Obama-Hollande-copie-1.jpgmardi--11-fevrier.jpg                       MERCREDI 12 Février 2014 Wahington                                                                                     MARDI 11 Février 2014 Pennsylvanie

Surprise, on a appris que le président français avait demandé à Obama de lui faire un point sur l’exploitation du gaz de schiste aux Etats-Unis. Et, d’après un conseiller de l’Elysée, le bilan du président américain a été excellent.«Non seulement il n’a pas fait mention de problèmes écologiques, mais il a assuré qu’il en avait pour cent ans de réserve devant lui et que c’était aujourd’hui un élément important de la compétitivité américaine», confie un membre de la délégation française. En revanche, et contrairement à ce qu’avait laissé entendre l’Elysée avant le départ, Hollande a oublié de parler de Google et d’évasion fiscale

Ce 12 février 2014, le puits de gaz de schiste continue de brûler et la fumée de s’élèver au-dessus des flammes sur le site de l’incendie du puits de gaz de schiste de Chevron près Bobtown dans le comté de Green dans le Marcellus en Pennsylvanie - USA.

C’est la pire crainte de ceux qui travaillent sur un puits de gaz naturel. 
Une étincelle ou une erreur et le résultat est un incendie de puits potentiellement mortel qui brûle hors de tout contrôle, causant encore plus de danger pour les experts qui ont été envoyé pour contenir l’incendie.


A la recherche des canards perdus

DSC00792.JPGMardi soir, le 11 février, si les canards étaient perdus, les spectateurs de ce spectacle, eux, n'ont pas perdu leur soirée... Loin de là !

Dès les premières minutes, Frédéric Ferrer a annoncé la performance qui allait s'accomplir sous leurs yeux et qui tenait de la gageure... Et dès la première phrase, les éclats de rire d'enfants et de plus grands, explosaient dans la salle des Fêtes de Milly-la-Forêt.

Sans hésiter, il nous entraîne au sommet d'un glacier reconnaître l'endroit exact où les canards furent lâchés en …. 2010, pour une expérience de la très sérieuse NASA, afin d'étudier, entre autres, les différents courants qui accélèrent la fonte des glaciers et influencent le climat... Mais aucun des 99 canards n'a été retrouvé.

D'un bout à l'autre du spectacle, toutes les hypothèses sont examinées, explorées et détaillées sur grand écran... finalement éliminées, inexorablement, démonstrations scientifiques et croquis à l'appui.

Au bout d'une heure d'une pédagogie joyeuse et passionnante, nous sommes devenus presque des experts du Pôle Nord et des canards en plastique... Le mystère, s'il n'est pas résolu, est maintenant moins épais. D'autres questions se posent alors, toujours avec humour, mais plus graves certainement : « Pourquoi cette expérience de la Nasa ? - Et pourquoi une telle obstination à retrouver des canards en plastique ? »... Et le suspense continue pour le plus grand plaisir de la salle, qui se lève et fait un triomphe à ce formidable passeur d'intelligence et de science, auteur, interprète improvisateur, doué d'humour, occupant à lui seul l'avant-scène, la scène et les tréteaux de sa présence inoubliable et de son sens de la communication, sans micro !

mercredi 5 février 2014

Transition énergétique ou hydrocarbures de schiste ?

 

 

        Auteur :  Maxime Combes



Le débat sur les hydrocarbures de schiste esquive le plus souvent les enjeux que constituent les défis climatiques. Comme si l'exploration de nouveaux hydrocarbures allait de soi et comme si la lutte contre les dérèglements climatiques ne devaient pas influencer les choix d'investissement privés dans les énergies fossiles. Pourtant, la prise en compte des exigences climatiques devrait inciter gouvernements et législateurs à instaurer un moratoire général sur toute nouvelle exploration d'énergie fossile, à faciliter le basculement des investissements privés vers les politiques de sobriété et d'efficacité énergétique, et à instituer des mécanismes permettant d'amortir la bulle carbone qui s'est progressivement constituée dans le secteur financier. 

Dans son rapport annuel World Energy Outlook 2012, l'Agence Internationale de l'Energie (AIE) préconise de laisser dans le sol plus des deux tiers des réserves prouvées de combustibles fossiles. Pour l'AIE « notre consommation, d'ici à 2050, ne devra pas représenter plus d'un tiers des réserves prouvées de combustibles fossiles » afin de ne pas dépasser les 2°C de réchauffement global maximal d'ici la fin du siècle. Un objectif fixé par la communauté internationale, validé par les Etats aussi bien lors des conférences climat de l'ONU de Copenhague et des suivantes, que lors des G8, G20, assemblées générales de l'ONU ou Conseils européens. 

C'est en prenant à la lettre cet objectif que le Potsdam Institute for Climate Impact Research avait calcul1 la quantité maximum de carbone que l'humanité pouvait émettre sur la période 2000-2050 pour avoir quatre chances sur cinq de ne pas dépasser la barre fatidique. Sur cette période, le budget carbone de l'humanité est de 886 gigatonnes de dioxyde de carbone (Gt CO2). En 2011, nous en avions déjà émis un tiers, ce qui ramène ce budget à 565 Gt CO2 pour la période 2012-2050. Or, la combustion de toutes les réserves prouvées de pétrole, charbon et gaz de la planète engendrerait 2 795 gigatonnes de CO2, soit 5 fois plus. 

Dit autrement, selon ces données, 80 % des réserves d'énergies fossiles actuelles ne doivent pas être extraites et consommées si l’on veut respecter les objectifs de stabilisation du climat fixés par la communauté internationale. Soit la majorité des réserves conjointes de pétrole, de gaz et de charbon. Bien entendu, les résultats peuvent être discutés et précisés. Mais les ordres de grandeur et le dernier rapport du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) ont confirmé qu'il fallait laisser une proportion importante de réserves actuelles d'énergies fossiles dans le sol. 

Au regard des enjeux climatiques, l’humanité ferait donc face à un trop-plein d’énergies fossiles d'ici 2050 et non à une pénurie comme le laisse entendre, trop souvent, le débat public. A moins d'être climato-sceptique il y a donc aujourd'hui trop de pétrole, de gaz et de charbon sous nos pieds. Pour être tout à fait exact, l'AIE suspend cette conclusion à la possibilité « d'un déploiement à grande échelle de la technologie de captage et de stockage du carbone (CSC) ». A ce jour, ces techniques sont non maîtrisées, peu fiables, délaissées par le secteur industriel et incapables de s'occuper de l'essentiel des émissions de CO2 liées aux transports, au bâti et aux petites unités de production industrielle. En ce sens, il est donc raisonnable de les écarter. 

Pourtant les entreprises extractrices de pétrole, de gaz et de charbon poursuivent une recherche très active de nouveaux champs, gisements et filons. Des records d'investissements sont franchis chaque année. Selon une récente étude de l’IFP Energies Nouvelles2, les investissements d'exploration-production de pétrole et de gaz vont dépasser les 750 milliards de dollars (550 milliards d'euros) en 2014, en croissance de 8 % par rapport à l'année précédente, principalement en Amérique du Nord et Asie-Pacifique, contre à peine 220 milliards de dollars dans les énergies renouvelables en 2012. Ces mêmes investissements ne dépassaient pas les 250 milliards de dollars en 2004. Sur les 104 000 nouveaux puits forés en 2013, 58 % l'auront été en Amérique du Nord, principalement dans l'exploitation des hydrocarbures de schiste. 

Cette logique exploratrice et extractive n'est pas sans lien avec le monde de la finance. Les valorisations boursières des multinationales de l'énergie et les notations qui leur sont délivrées par les agences sont pour partie fonction des réserves prouvées qu'elles peuvent annoncer en fin d'exercice. Pour maintenir leur situation boursière, les multinationales n'ont d'autres choix que d'explorer et forer. L’ensemble des réserves actuelles de pétrole, gaz et charbon est valorisé aux environs de 4 600 milliards de dollars sur les principales places boursières de la planète, faisant des entreprises de l’énergie les poids lourds des indices boursiers. La part des énergies fossiles tend même à se renforcer, notamment sur les marchés financiers de Londres (pétrole) et de New York (charbon) selon Carbon Tracker3 au point d'évoquer une véritable « bulle carbone ». qui ne tiendrait pas compte de l'objectif climatique maximal fixé par la communauté internationale. 

Un groupe de soixante-dix investisseurs mondiaux, représentant un capital de financement de l'ordre de 3000 milliards de dollars, a ainsi interpellé4 quarante-cinq des plus importantes entreprises productrices de pétrole, de gaz, de charbon et d'électricité sur leur exposition à ce risque « climatique ». La directrice générale d'un fonds de pension des fonctionnaires californiens a affirmé que son entreprise avait besoin d'une « stratégie robuste à long terme qui reflète la réalité à laquelle nous faisons face » et qu'il n'était pas « possible d'investir dans une catastrophe climatique ». Une démarche encouragée par Carbon Tracker, qui considère qu'« il faudrait que les régulateurs imposent une évaluation du business model des entreprises extractives en fonction du volume de carbone maximum que nous devons émettre pour ne pas dépasser les deux degrés ». Ce n'est pas encore le cas. Le ratio énergies fossiles / énergies renouvelables des indices boursiers est généralement de 1 à 255. Pour chaque dollar investi dans les énergies renouvelables sur les marchés action, il y en a quatre dans les énergies fossiles : ainsi, les investisseurs institutionnels (assureurs, banques, fonds d'investissement etc.) orientent l'épargne vers le secteur des énergies fossiles, non vers le secteur des énergies renouvelables. 

Sans nouvelles régulations contraignantes, la stabilité à court terme de la valorisation boursière et de la rentabilité financière des entreprises pétrolières, gazières et charbonnières suppose qu'elles poursuivent sans limite de nouvelles explorations et de nouveaux forages – ou qu'elles encouragent celles des entreprises juniors – sans tenir compte des exigences climatiques. A cette pratique, correspond une bulle « carbone » globale, pouvant se transformer en bulle financière. Ces entreprises constituent donc un secteur structurellement climato-sceptique, dont les incitations boursières, économiques et financières vont à l'encontre des exigences fixées par la communauté internationale. En ce sens, la recherche et l'extraction de ressources énergétiques fossiles peuvent-elles être laissées à la seule appréciation du secteur privé alors que de leurs décisions dépend la possibilité d'assurer une certaine stabilité climatique, bien commun de l'humanité ? 

En poursuivant ce raisonnement, il n'y aurait donc aucune raison de continuer les explorations et forages pour extraire du pétrole, du gaz ou du charbon toujours plus loin, toujours plus profond. Extrêmement coûteuses et dangereuses, les explorations d'hydrocarbures non conventionnels, comme les gaz et pétrole de schiste, semblent bien incompatibles avec les objectifs climatiques. D'ailleurs, le secteur industriel favorable à l'exploitation de ces énergies fossiles ne s'aventure guère sur ce terrain. Par exemple, le Groupement des entreprises parapétrolières et paragazières et des professionnels du pétrole et du gaz (GEP-AFTP) a identifié6 quatre types de « risques » liés à ces extractions: la pollution des sous-sols, l'approvisionnement en eau, la composition des fluides de fracturation et les impacts sociétaux. Les défis climatiques n'y figurent pas. Pas plus qu'ils ne figurent dans le débat public français qui se limite bien souvent aux effets, aujourd'hui bien documentés, de la fracturation hydraulique. 

Sur la base de la réflexion présentée ci-dessus, mêler les débats « faut-il extraire les pétroles et gaz de schiste » et « que faire pour stopper le réchauffement climatique » revient à clore définitivement le premier. « Oui mais le gaz est moins émetteur de gaz à effets de serre que le charbon », est-il parfois répondu pour réhabiliter l'exploitation des gaz de schiste. En plus de ne pas réhabiliter le pétrole de schiste – ce qui devrait donc disqualifier définitivement toute une série de projets – cet argument comporte trois erreurs manifestes : il confond l'absolu et le relatif, car c'est la majorité des réserves conjointes de pétrole, de gaz et de charbon qui doivent être laissées dans le sol, qu'importe leur substitution relative au sein du budget carbone qui est alloué d'ici 2050 ; il préconise des investissements financièrement non robustes au regard des engagements climatiques ; enfin, il ne tient pas compte des études scientifiques7 qui raisonnent à partir du cycle complet du gaz de schiste et démontrent qu'il émet plus de gaz à effets de serre que le charbon. 

Lors de la dernière conférence environnementale, François Hollande s'est engagé à réduire de 30 % la consommation d'énergies fossiles du pays d'ici 2030. « La transition énergétique, ce n'est pas d'aller chercher de nouveaux hydrocarbures » a-t-il été dit par plusieurs ministres, publiquement ou en off. Au regard des exigences climatiques, une telle phrase fait mouche. Simple, concise et fondée. Et partagée si l'on en croit un sondage8selon lequel moins d’un Français sur trois (30 %) et moins d’un dirigeant d'entreprise sur quatre (23 %) jugent l’exploitation du gaz de schiste « compatible » avec la transition énergétique. En effet, à quoi bon explorer de nouveaux gisements s'il faut laisser 80 % de ces nouvelles ressources dans le sol d'ici 2050 ? Mieux vaudrait allouer ces ressources financières, techniques et humaines dans des politiques de sobriété et d'efficacité énergétique qui font défaut.9 

Laisser pétrole, gaz et charbon dans le sol : une idée à creuser 

De quoi donner une feuille de route au gouvernement dans l'optique de la conférence de l'ONU sur le climat que la France a décidé d'accueillir en 2015. A défaut d'un miracle techno-scientifique ou industriel qui puisse résoudre les défis énergétiques de manière soutenable sur le plan écologique, juste socialement, égalitaire entre les populations de la planète et durable dans le temps, la prise en charge des défis climatiques semble passer par un moratoire international sur toute nouvelle recherche d'énergies fossiles, à commencer par les hydrocarbures non conventionnels comme les gaz et pétrole de schiste. Un tel moratoire pourrait même apparaître comme une condition sine qua non à toute possibilité de transition énergétique qui soit à la hauteur des défis climatiques, si l'on en croit le dernier rapport du GIEC. Enfin, il serait l'occasion de ralentir considérablement les extractions actuelles, de faire basculer d'importants moyens financiers et humains sur des politiques de sobriété et d'efficacité énergétiques, et sur le développement des énergies renouvelables, dans l'optique d'une transformation profonde des modèles de consommation et de production.


Maxime Combes est économiste, membre d'Attac France et de l'Association internationale de techniciens, experts et chercheurs (Aitec), engagé dans le projet Echo des Alternatives (www.alter-echos.org ) et Co-auteur de La nature n'a pas de prix, les méprises de l'économie verte. Attac France, 2012, Editions Les Liens qui Libèrent.

lundi 27 janvier 2014

A la recherche des canards perdus mardi 11/02 milly la forêt

En septembre 2008, pour mesurer la vitesse du réchauffement climatique, la Nasa lâche 90 canards jaunes en plastique dans un glacier du Groenland. Attendus quelques semaines plus tard dans la baie de Disco, les canards ne réapparaissent jamais. Où sont-ils passés ?.. 

                 Cette histoire vraie est le point de départ du drôle de spectacle de Frédéric Ferrer, salué lors de toutes ses représentations pour son humour, son originalité et ses connaissances scientifiques.

                 Vous poursuivrez cette enquête passionnante en posant vos questions à Alain MAZAUD climatologue au laboratoire des sciences du climat

Ne manqez à aucun prix ( 5€ ) cette soirée exceptionelle 

réservation indispensable : contact

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Prenons notre avenir en main le 1/02/2014

transition citoyenne

mercredi 18 décembre 2013

L'ELEVAGE INDUSTRIEL, ou comment on devient végétarien

 

Où sont passés nos « animaux de la ferme » ?

Après la guerre, j'ai passé quelques temps inoubliables chez ma tante qui avait une ferme dans le Loiret. Elle y élevait avec amour des animaux que jamais elle ne se résignait à tuer ou à vendre... Et, toute petite, j'ai vécu avec les « animaux de la ferme ». J'ai vu comment la poule serrait ses poussins sous ses ailes et les tenait si fort qu'elle n'en perdait pas un, même si on la soulevait de sa branche dans le poulailler. Je devais avoir 3 ou 4 ans quand j'ai noyé les jolis petits canetons tout jaunes en jouant à les enfoncer sous l'eau pour les voir remonter à la surface... Et je me souviens avoir compris, aux larmes de ma tante, la bêtise irréparable que j'avais faite : par jeu, j'avais « tué » toute une portée et la cane, déjà, appelait ses petits, en vain...

C'était une époque où, une fois l'an, on « tuait le cochon » pour nourrir le village. Un rite cruel, car le cochon savait, se débattait et poussait des cris déchirants, tandis que les villageois s'y prenaient à plusieurs pour se donner le courage d'achever, d'aller jusqu'au bout du dépeçage et de la récolte – buvant, chantant, riant  pour donner un air de fête à la cérémonie sanglante d'où l'on sortait boudins, tripes, museau, jambons, oreilles... «Tout est bon dans l'cochon » et tout y passait ; une coutume du moyen âge et du servage, pour contenter le seigneur et parer aux famines. Il s'agissait de faire provision pour l'année et pour toute une tribu..

Les cochons de mon enfance vivaient librement, ramassant comme au temps des gaulois les épluchures, les châtaignes, les champignons. Je vais vous surprendre en vous disant qu'ils aimaient la propreté et venaient réclamer le jet d'eau pour rincer la boue et la poussière dans laquelle ils se débarrassaient des parasites. J'ai toujours connu ces cochons « roses », joueurs et même « rieurs », la queue en tire-bouchon, comme disait la chanson.

Une truie magnifique s'était attachée aux pas de ma tante qu'elle suivait partout, même dans les rues du village. Une nuit, où elle mettait bas ses petits, elle est venue secouer la porte de la ferme pour se faire assister !

Des paysans pasteurs*...aux aberrations de l'industrie

Mon émerveillement devant l'intelligence et l'amour animal ne m'avait pourtant jamais empêché de manger de la viande. Jusqu'à ce jour où par une aberration infernale, les hommes de notre temps ont décidé de traiter les animaux -non pas comme des êtres vivants- mais comme des objets inanimés « industriels » insensibles et seulement destinés -non plus à nourrir les affamés- mais à enrichir des monstres.

Ces "élevages" en usine indignes de leur nom, centres concentrationnaires de maltraitances animales, ont aliéné les paysans qui ont dû s'endetter pour s'équiper à la mesure des ambitions et objectifs imposés par des financiers et technocrates. La plupart n'ont découvert qu'après coup le piège immonde dans lequel ils étaient tombés. Car tout vrai paysan éleveur respecte ses animaux et ne peut être indifférent quand il les voit souffrir et mourir.

Les autres -ceux qui veulent ignorer que les animaux, et singulièrement les mammifères sont des êtres « sensibles » et même intelligents- ceux-là ne connaissent pas le monde animal dont l'humanité fait partie. Ils ne sont ni éleveurs, ni humains.

Mais le système financier qui mène le monde et  l'appétit insatiable des multinationales, réclament toujours plus : plus de rentabilité, sur de moins en moins de place... plus d'animaux enfermés en usines dès la naissance, triés, engraissés, dopés, immobilisés sur un minuscule territoire de métal et de grilles d'où leurs déjections sont facilement lavées d'un jet et d'où il ressortiront quelques mois plus tard, encore très jeunes, mais engraissés de chimie et d'hormones pour faire bon poids ! Trop lourds et privés de musculature, il faut les crocheter par l'anus pour les traîner hors de leur minuscule enclos et les expédier en camions vers les abattoirs automatisés pour en achever toujours plus. Quant aux volatiles au rythme de la chaîne mécanique ils sont plumés et découpés parfois encore vivants**, empaquetés, exportés par millions jusqu'à nos assiettes où chacun fait semblant d'ignorer le martyre enduré par l'animal dont il va se nourrir...  Ou mourir ?  Les poussins mignons ne sont guère plus chanceux : s'ils sont mâles, les voilà emportés piaillant sur des tapis roulants vers la broyeuse – s'ils sont femelles ont en fera des reproductrices conditionnées pour pondre les œufs à un rythme infernal jusqu'à ce que mort s'en suive.                                                                                                                                                    L'élevage industriel, qui a ruiné le monde paysan, n'est pas seulement immonde et polluant... Il est aussi dangereux pour la santé. Mais il ne faut surtout pas en parler : ne jamais évoquer les accidents, sous peine d'être accusé de « terrorisme » !

Oubliées, les vaches folles herbivores qu'on avait nourries de « farines animales » ! (A-t-on seulement cherché les responsables?) - Qui se souvient de la tremblante des moutons et des massacres qui suivirent ? -  Effaçons de nos mémoires la crémation de milliards de volailles accusées de grippe aviaire et jetées toutes vives par pelleteuses sur des montagnes de brasiers - Oublions vite le scandale de la confusion entre bœuf et cheval - Préparons-nous à passer l'éponge sur les prochaines confusions à venir entre chair des uns, cadavres des autres, en sauce commune ! Question de goût.

La face cachée des élevages industriels

Truie-industrielle.JPGPour revenir aux cochons d'autrefois, quand je vois cette truie qui n'a même pas la place de lécher ses petits comme le font toutes les mères animales, et qui doit les allaiter sur le flanc à travers les grilles sans jamais pouvoir les faire courir à l'air libre, leur faire découvrir la douceur de la pluie, les délices de l'herbe et des champignons, dont elle-même a peut-être déjà été privée - quand je vois les petits nouveau-nés, cochons de lait, bientôt promis à la broche après avoir eu la queue coupée à vif... j'éprouve dégoût et  grand désespoir de l'humanité.

 Est-ce pour nous épargner ces « haut-le-coeur » que les industriels refusent la transparence, les reportages... surtout photographiques ?  Aux Etats-Unis, dans certains Etats, ils ont déjà obtenu des lois punissant d'emprisonnement les auteurs et diffuseurs d'images « vraies » qui, selon eux, nuiraient à leur « libre entreprise ». A chacun sa morale !

Délocalisation des abattoirs Français : le calvaire va encore s'aggraver pour les bêtes...

Voici en effet que, au nom du « toujours plus de profits », les abattoirs Français seront délocalisés, on ne sait trop où, mais on devine que les investisseurs vont choisir des lieux où l'on ne fera pas  grand cas des quelques précautions obtenues dans notre pays 

Brigitte Bardot avait en effet courageusement œuvré pour que les animaux soient étourdis avant de subir le stress et l'abattage. - Or, les malheureuses bêtes partiront dans des conditions inconnues et non contrôlées dans des pays de misère où, après des jours et des nuits de transport en trains ou camions, elles seront traînées,  disséquées, abattues, achevées... sans ménagements. Pour finalement revenir sur nos étals et sur nos tables, sans aucun  avantage, ni pour les porte-monnaie, ni pour notre bien-être, ni pour calmer la faim du monde.

Chacun sait que les économies budgétaires sur la fonction publique se sont d'abord traduites par la réduction, voire la suppression, de tous ceux qui pouvaient contrarie, par leurs contrôles, les méthodes et ambitions des multinationales et de la haute finance internationale.

 Alors, que faire? Sinon refuser de consommer de la viande et devenir résolument végétarien***

CADEL 

*Pasteur : celui qui garde, qui fait paître le bétail

**La volaille, accrochée par les pattes au tourniquet de la mort est censée être électrocutée par la tête dans premier bassin avant le plumage et découpage automatiques... Malheureusement, l'ingénieur ignorait que tout volatile pendu par les pattes a le réflexe de relever la tête pour respirer... Ainsi, le bassin d'anesthésie ne sert à rien, et le tourniquet continue son programme... A l'abri des regards. Personne n'entend les hurlements des bêtes. 

*** Beaucoup d'études démontrent que manger de la viande n'est pas aussi indispensable qu'on veut nous le faire croire – et que les végétariens vivent plus longtemps, en bien meilleure santé. 

-Sources :

Récits, témoignages, photo France., Revue "Droit Animal Ethique et Sciences" de la Fondation LFDA